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Frédéric Gies about Revolver (french)

Alors que Revolver prend place dans le dispositif frontal du
théâtre et qu’il se construit au travers de l’apparition et de
la disparition d’images, l’attention particulière que ses deux
protagonistes portent au mouvement et à leurs contacts nous
invite à percevoir l’action de manière tri-dimensionnelle et à
entrer dans le volume et la matière des corps en mouvement. Le
regard est aspiré par les détails, par des intensités et par
le continuum du mouvement, si bien que les images
apparaissantes ne s’imposent pas mais sont incorporées de
telle sorte qu’elles nous laissent le choix de les percevoir
ou non, de s ́y arreter ou de les laisser passer. La lumière
quasi- stroboscopique fractionne le continuum du mouvement,
de même qu’elle le souligne: nous pouvons percevoir ce flux
mais celui-ci est traité de telle sorte qu’on peut le lire
également comme une suite d’événements, seconde par seconde,
moment par moment. En évacuant toute possibilité de lecture
d’une quelconque narration, évitant notamment le piège de la
représentation du couple homme/femme, Revolver s’attache à
interroger et brouiller nos perceptions des images, de
l’espace, du mouvement et du temps.

Published 30 December 2005